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Parole aux adhérents

Rencontre avec le philatéliste Pierre Fusade, adhérent de l’A.Phil.R.M. et sa passion du tennis

Rencontre avec le philatéliste Pierre Fusade, adhérent de l’A.Phil.R.M. et sa passion du tennis

Pierre FUSADE, adhérent depuis 1992 de l’A.Phil.R.M., en « vedette » dans la presse philatélique : ATOUT timbre N° 236 du 15 mars ! Maintenant auvergnat d’adoption, il se partage entre l’Allier et les Hauts de Seine, Pierre est également adhérent de l’Association Philatélique de Cusset dans l’Allier. Adhérent aussi de l’AFCOS (Association Française des Collectionneurs Olympiques et Sportifs), Pierre a reçu un hommage mérité pour sa présentation en Classe Ouverte « Vous avez dit tennis ? ». Récompensé au niveau départemental (75 points) et régional (77 points) nous attendons maintenant un « retour gagnant » en national ! Retrouvez l’intégralité de son interview…

 

Vous attendiez-vous à être nommé Afcosien de l’année 2017 ?

Pas du tout car je suis un jeune Afcosien ! Jean-Pierre Picquot (NDLR : président de l’Association française des Collectionneurs olympiques et sportifs), que je connais depuis plus de vingt ans, m’avait fait l’amitié de venir à la régionale de Rueil-Malmaison où j’exposais, il y a deux ans. C’est alors que j’avais adhéré.

C’était, par ailleurs, votre toute première compétition philatélique…

Absolument. En philatélie, je commence la compétition, après Rueil, où j’étais adhérent du club local, j’ai participé à une autre régionale, à Angers. Et je compte présenter ma classe ouverte à la nationale de Timbres Passion, à Périgueux (NDLR : du 26 au 28 octobre 2018) et la mener ensuite le plus loin possible…

De quel sujet traite cette classe ouverte ?

Du tennis que j’ai d’abord essentiellement collectionné en philatélie, avant que ma curiosité ne s’étende à toutes sortes d’objets.

Dans quel contexte, avez-vous débuté la collection ?

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours collectionné des timbres. Je suis né en 1955. Ma génération a été incitée à la collection de timbres donnés en bons points à l’école ou en cadeaux avec les tablettes de chocolat. C’est venu tout naturellement.

Et pourquoi le choix du tennis ?

En 1978, j’ai eu un accident de la route qui m’a fait perdre l’usage de mes jambes. J’habitais en région parisienne à l’époque et j’assistais très régulièrement à Roland Garros. C’est dans ce cadre-là que j’ai rencontré Jean-Pierre Picquot qui exposait. J’avais d’autant plus aimé sa présentation thématique que très peu de philatélistes partagent cet intérêt pour le tennis. Je l’ai donc empruntée et photocopiée. Peu de temps avant mon départ en retraite, la Fédération française des Associations philatéliques a lancé la classe ouverte et cela m’a tout de suite plu, parce que moins rigide comme manière de collectionner. Après mon accident, comme j’étais professeur de sports et passionné de tennis, j’étais aussi très vite revenu sur les terrains.

Jouiez-vous avec des valides ?

Oui, dans un premier temps. Je ne connaissais personne qui pratiquait le tennis en fauteuil. Il faut dire que ce dernier n’était pas adapté à des déplacements rapides sur les courts de tennis.

Comment cela a-t-il évolué depuis ?

Peu à peu sont arrivés des fauteuils maniables, adaptés au jeu (NDLR : Pierre Fusade a été le premier à importer en France des fauteuils américains spécifiquement conçus pour ce sport). Sinon, le tennis handisport se pratique à l’identique du tennis classique, c’est cela qui facilite l’intégration. Seule une ou deux règles ont été modifiées. Ainsi, les partenaires ont droit à deux rebonds car autrement, c’est injouable. Et le service à la volée n’existe pas.

Après votre accident, avez-vous poursuivi votre carrière d’enseignant en éducation physique ?
Oui, j’ai enseigné en lycée pendant vingt ans. Et pendant longtemps, en France, j’ai été le seul professeur de sports en fauteuil. Parallèlement, j’ai mis en place au niveau national la pratique du tennis en fauteuil, à partir de 1982. J’ai d’abord travaillé comme bénévole à l’encadrement handisport, avant d’entrer au Ministère de la Jeunesse et des Sports.

Le tennis handisport a-t-il été difficile à mettre en place en France ?

Pas tant que ça…

Cette activité avait-elle déjà cours ailleurs ?

Pas en Europe, mais aux États-Unis. Au début des années 1980, j’ai mis au point le premier championnat de tennis handisport de France. En outre, nous disposons en handisport de l’équivalent de la coupe Davis à laquelle participent une vingtaine de pays. J’ai organisé l’une de ses compétitions, en l’an 2000, dans un format différent de ce qui existe actuellement.

La couverture médiatique de ces événements est-elle correcte ?

Encore insuffisante car ce sont des compétitions jeunes mais ça va venir… Beaucoup de gens ont découvert l’existence du tennis handisport aux Jeux paralympiques de Londres, en 2012. Lorsque j’ai lancé cette compétition, Tennis magazine a bien relayé l’information. Aujourd’hui, il est plus difficile de faire se déplacer des journalistes sur nos événements. C’est une question d’intérêt du lectorat.

Le tennis en fauteuil est-il bien représenté dans votre collection ?

Oui, j’ai beaucoup de pièces sur ce thème. J’en ai même quelques-unes qui sont uniques, récupérées quand j’étais président de la Fédération internationale de Tennis handisport (NDLR : de 1993 à 1997, après avoir occupé plusieurs fonctions nationales et internationales en lien avec le tennis en fauteuil). Alors que les quelques collections de tennis que j’ai pu voir en compétition sont très pauvres sur le tennis handisport… En ouverture de ma collection, je présente un dessin humoristique où un joueur en fauteuil, l’air frais et dispos, serre la main à un adversaire valide, tout en sueur et déconfit, en lui disant qu’il n’a pas eu de chance.

La plupart des pays du monde ont-ils régulièrement des timbres « tennis » inscrits dans leur programme officiel ?

Les timbres « tennis » ne sont pas si nombreux que cela, à part dans certains pays africains. J’ai longtemps été abonné chez Théodore Champion (NDLR : spécialiste des nouveaux timbres du monde) et il m’était très facile d’être ainsi à jour.
En France, il y a eu deux timbres sur le tournoi Roland Garros (NDLR : YT 2012 et 2699) et une émission « tennis » dans le cadre des Jeux de Pékin (NDLR : YT 4223, ainsi que le timbre « Sports » de 2012, YT 4673).

En Italie, il n’y a pas plus d’un ou deux timbres « tennis ». En Suisse, avant l’avènement de Roger Federer, il n’y en avait pas…

En Belgique, les championnes Justine Hénin et Kim Clijsters ont eu droit à des timbres à leur effigie mais c’est à peu près tout. Avant que Novak Djokovic ne débarque sur les courts, la Serbie n’avait pas de timbres « tennis ». Plus surprenant encore, aux États-Unis, il n’existe aucun timbre « tennis ». En Angleterre, ils sont très peu nombreux… Et encore, heureusement qu’Andy Murray a gagné lors des Jeux de Londres ce qui lui a valu, comme tous les vainqueurs, un timbre émis par son pays.

Un timbre sur les Jeux paralympiques est également sorti. Aujourd’hui, la quantité de blocs-feuillets a beaucoup augmenté dans les pays qui émettent à destination des thématistes étrangers, mais ces blocs m’intéressent un peu moins. À ces timbres du programme officiel, il faut rajouter les MonTimbraMoi, comme ceux émis systématiquement pour Roland Garros (NDLR : à l’initiative de Jean-Pierre Picquot).

Comment expliquez-vous la rareté des timbres « tennis » ?

Après les JO de 1924, à Paris, le tennis a connu une longue éclipse aux Jeux olympiques. Il n’en est redevenu discipline à part entière qu’à partir de 1988 à Séoul. Le double mixte a, pour sa part, fait son retour en 2012 à Londres. C’est à cette date que des timbres tennis ont été émis.

Et pour conclure, en matière de pièces de collection : quelles sont vos favorites ?

J’aime beaucoup les épreuves d’artiste… Je n’ai pas celles des timbres français mais j’en ai une de Monaco, une du Mali et une autre d’un timbre panoramique de Wallis-et-Futuna. J’ai également des essais de couleur dont un très beau du timbre monégasque consacré à Wimbledon… Comme en classe ouverte, les objets non-philatéliques sont permis, j’ai récupéré des règlements anciens de tennis. De plus, je suis en possession d’un entier postal Pasteur comportant une illustration « tennis ». Et j’ai déniché des émissions non-dentelées, des cachets illustrés de bureaux temporaires, des essais, des BAT, des spécimens et des variétés comme un timbre de Saint-Vincent où la balle de tennis a totalement disparu à l’impression. J’ai également des timbres erronés : une faute d’orthographe dans le nom de la joueuse australienne Wendy Turnbull et le joueur René Lacoste présenté comme gaucher alors qu’il est droitier. Dans le même style, j’ai un entier postal qui montre Steffi Graph gauchère sur l’illustration de l’enveloppe alors que dans la partie affranchissement, elle est illustrée comme il se doit, sa raquette à la main droite.

Propos recueillis par Sophie Bastide-Bernardin

Source : ATOUT TIMBRES – N°236 – 15 mars – 15 avril 2018

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Guillaume est adhérent depuis le 09/10/2016. Il a présenté en compétition "Les Vikings" et s'est qualifié au niveau régional depuis la Fête du Timbre 2016. Il prépare également une collection sur "La Sicile". Il s'intéresse tout particulièrement aux timbres de France, d'Islande, d'Italie et de la poste aérienne d'Europe de l'Ouest.

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